Apprendre le Wing Chun
Bien des gens commencent à apprendre le Wing Chun et malheureusement bien peu vont persister jusqu'à un certain niveau. Le fait est qu'il y'a bien des façons de pratiquer les mouvements du Wing Chun et qu'il y'a de quoi dérouter le débutant ou même le pratiquant moyen, à la recherche d'un art martial profitable à plusieurs niveaux dans la vie réelle.
Il ne peut être question pour moi de me livrer à une critique comparative des différentes interprétations du Wing Chun dont j'ai eu connaissance. Je vais plutôt me contenter d'expliquer la conception de l'art qui m'est venue de mes expériences et de l'étude sans fin de ses principes qui, sont inscrits comme un code dans les formes.
"Yee Gee Kim Yeung Ma"
La position de base, qui est enseignée à la toute première leçon représente le "ciment" du Wing Chun. Qu'elle soit absente ou simplement mal maintenue et il n'y a pas de Wing Chun. Il faut s'efforcer de bien la sentir et de la faire participer à toutes les actions, ce qui demande un assez grand effort de concentration au début du moins. Mais, le plaisir croit avec l'usage et l'élève persistant ne tardera pas à y puiser une grande force et une stabilité rassurante.
"Chor Ma" et "Tor Ma"
Le pivot et le pas glissé, qui sont pratiqués spécifiquement dans "Chum Kyu" (deuxième forme) augmentent les capacités découvertes dans "Yee Gee Kim Yeung Ma". Il serait bien dommage, sinon dommageable, de négliger les aspects d'équilibre et de force de la position de base. Encore là, un grand effort de concentration est demandé et l'aide du Sifu et des Sihing se doit d'être appréciée. Il s'agit là d'un point capital et s'en soustraire équivaudrait à ne pratiquer qu'un jeu de mains sans fondements solides. Il peut être assez triste de voir un pratiquant un peu négligent, se voir dépassé par un autre, plus centré sur les principes et avec la quart de son ancienneté dans le système. Ce sont des chose qui arrivent.
"Siu Lim Tao"
La première forme du système est "l'esprit" du Wing Chun. Elle ne devrait pas être considérée comme un vulgaire dictionnaire de techniques mais comme un exercice d'éveil à certaines lignes de force et principes d'énergie. Bien pratiquée, elle peut transformer un "monsieur muscle" en un être détendu, toujours prêt à réagir de façon précise, rapide et mesurée au moindres stimuli venant d'un adversaire. L'étude de cette forme n'est jamais terminée pour le pratiquant sincère du Wing Chun.
"Chi Sao"
L'exercice des mains collantes est d'une importance capitale dans l'étude du Wing Chun mais, peut parfois en être le talon d'Achilles. Le pratiquant qui négligerait les aspect cités plus haut ne se livrerait qu'à un exercice de lutte futile et sans fondements. L'usage de la force "physique" est à proscrire à tout prix, si on désire vraiment voir apparaître celle dite "interne". Il faut savoir maîtriser son égo et apprendre le controle de soi. Il n'est pas facile d'arriver à ce degré de maîtrise de soi et, on trouve là le plus grand obstacle sur la voie du Wing Chun.
"Vider sa coupe"
Cette expression, peut-être un peu cliché, n'en est pas moins vraie. Presque tous ont déjà un certain baggage dans différents arts martiaux et même dans d'autres lignées de Wing Chun comportant quelques différences. Il est parfois difficile d'accepter des consignes qui peuvent entrer en conflit avec des pratiques acceptées depuis longtemps. Certains aussi ne cherchent que des techniques additionnelles à ajouter à leur répertoire. Il faut bien réaliser qu'il sera très difficile de dépasser le niveau le plus élémentaire dans ces conditions. Comment être réceptif quand on ne laisse pas de place au nouveau?
"Il est mieux de se faire toucher en pratiquant bien que de toucher en pratiquant mal"
Michel Sifu.